CHRISTIANISME ET SEXUALITÉ: LE GRAND DÉFI.

“Que muero porque no muero” criait à tue-tête Sainte Thérèse d’Avila. J’ose reprendre la formule à mon compte : “ je meurs de ne pas mourir … d’amour” ! Notre rédacteur Claude de Troys nous partage sa revue bimensuelle consacrée à des sujets de fond sur l'amour et la sexualité. Cette semaine, on vous parle de religion et du péché de chair.

Sexe et religion, un conflit qui s'éternise ?

Revenons sur terre et soyons clairs dans nos propos: le christianisme n’a jamais condamné le désir sexuel, ce dernier nous boostant plutôt favorablement pour aller vers les autres. Il reste cependant pour nos “Pères de l’Eglise” un danger pour le dogme, un terreau encore explosif et par conséquent ennemi juré de notre sacro-sainte morale judéo-chrétienne qui a fait de notre éducation un enfer d’enfant bien regrettable, aussi cadenassée qu’elle ait pu être dans notre jeunesse d’Occidentaux baignés somme toute dans une chrétienté modérée et donc tout-à-fait acceptable dans ses principes.

Présenté comme une religion d’amour, le christianisme impose sans état-d’âme sa foi chrétienne qui est sa foi dans l’amour. Mais de quel amour s’agit-il? C’est vrai qu’il y a du charnel dans l’amour chrétien mais si peu : admis, tout juste toléré, jamais encouragé. Ce danger du “pêché de chair” savamment orchestré n’aurait-il pas été finalement une vulgaire prise d’otage qui aurait mal tourné? La plaie reste vivace encore aujourd’hui dans notre Occident qui se dit chrétien. On peut néammoins noter des signes encourageants et le christianisme ne serait-il pas entrain de devenir, en ce qui concerne l’amour et la sexualité, la religion de l’ouverture et de l’acceptation d’une nouvelle forme de rapports amoureux : certains actes du Pape François en seraient, semble-t-il, la preuve.tangible.?

Rébellion chrétienne et ouverture aux plaisirs  

Je ne pense pas qu’il y ait vraiment eu dans le passé un art d’aimer dans notre christianisme. Sa vision étroite du charnel a longtemps noyé pitoyablement notre sexualité. Ce christianisme-là, nous l’avons tous subi de plein fouet, ayant fait de “notre corps de chair” un attelage moral et spirituel de corps et d’esprit sous contrôle. La sexualité est notre propriété, elle n’appartient pas à notre religion chrétienne . Selon affinités,elle vient du divin pour les uns, de l’humain pour les autres et c’est très bien ainsi. Notre vieux monde occidental avec ses doctrines surannées, ses institutions, sa morale plutôt mensongère qu’elle soit religieuse, laïque ou bourgeoise, est aux portes de l’explosion. Courtoisie et puritanisme ont fait leur temps depuis belle lurette, pas de réglements de compte en perspective, que des regrets pour une jeunesse et une adolescence confisquées! Il est trop tard pour remodeler notre éducation et ouvrir notre morale bourrées jusqu’alors d’interdits inacceptables. Sans être pour autant naïfs, acceptons le risque, susceptible d’être modulé, d’aller en toute liberté vers cet amour total dont nous rêvons tous sans avoir à le dire.

Vous souhaitez creuser le sujet ? YESforLOV vous conseille de lire le livre de Jacques-Marie Pohier

L'amour en pleine liberté, en toute impunité

Nos cinquante dernières années ont connu un bouleversement sans précédent par son ampleur. Moins de soumission et de domination, moins de possession et de rivalité. S’ouvre alors aujourd’hui à notre modernité une nouvelle forme d’union pas forcément sacrée qui va nous laisser bien plus d’espace et de liberté pour notre développement personnel. Vient s’y greffer une ouverture d’esprit vers une liberté plus grande encore, au sein de laquelle chacun d’ entre nous saura faire vibrer ses propres sensations pour vivre un amour pleinement libéré, plus sensuel et sans qu’il perde pour autant ce qui fait sa force et son charme : son sens aigu de l’humain.

Serons-nous demain ces pionniers qui ouvriront un chemin nouveau à travers la forêt des traditions, des conventions et des dogmes ? C’est de bonne augure.